L'Ingénieur Spatial
La Base Spatiale Autonome
7 mercredis pour construire, module après module, une vraie base de survie : un dôme, de l'eau propre, de la lumière, du vent, une serre et une alerte chimique.
Une grande maquette pose sur la table, vide au premier mercredi. Sept semaines plus tard, elle a un dôme qui résiste au vent, une station qui nettoie l'eau boueuse, un éclairage qui s'allume, une éolienne qui produit son courant, une serre qui a vraiment poussé et une fiole qui vire au rouge quand l'air se dégrade. Chaque enfant a une pièce dedans, et repart avec sa boîte de sept prototypes.

Photo : Jürgen Matern · CC BY-SA 2.5 · recadrée
Une base spatiale, c'est une maison qui doit tout faire toute seule : personne ne vient livrer l'eau, l'électricité ni les légumes. C'est exactement le travail d'un ingénieur : trouver comment se débrouiller avec ce qu'on a sur place.
- Le nuancier du chou rouge (à imprimer en A3 pour le mercredi 6 : la couleur obtenue selon l'acidité)https://fr.wikipedia.org/wiki/Chou_rouge#Indicateur_color%C3%A9
- Fondation La main à la pâte — séquences filtration de l'eau et effet de serre (pour approfondir avant la séance)https://fondation-lamap.org
- Un adulte est toujours présent et supervise chaque atelier.
- L'EAU FILTRÉE N'EST JAMAIS POTABLE. On le dit au mercredi 2 et on le répète les mercredis suivants : le filtre enlève ce qui est visible, pas les microbes. On ne boit rien, on ne goûte rien de ce qu'on fabrique.
- Les découpes de bouteilles, de carton fort et de tuyau sont faites par l'adulte. Les enfants utilisent des ciseaux à bouts ronds.
- Le pistolet à colle chaude est manipulé par l'adulte seul, sur une table à part, jamais dans le passage.
- Chimie du mercredi 6 : lunettes pour tout le monde, on ne mélange JAMAIS deux produits d'entretien entre eux, aucune eau de Javel, aucun déboucheur. On utilise seulement vinaigre, bicarbonate, citron, savon et eau gazeuse.
- L'eau chaude (chou rouge, test d'isolation) est versée par l'adulte, à 50 °C maximum.
- On travaille uniquement avec des piles : jamais de prise murale. On ne relie jamais les deux bornes d'une pile avec un seul fil, ça chauffe.
- Rien à la bouche : graines, perles, petites pièces. On se lave les mains après le terreau et après la chimie.
- Déplacements au pas autour de la base géante : c'est le travail de tout le groupe, on ne bouscule pas la table.
- J'ai compris pourquoi le triangle et le dôme tiennent alors que le carré s'écrase, et j'ai mesuré en degrés ce que gagne une paroi isolée
- J'ai rendu claire de l'eau boueuse en empilant les couches dans le bon ordre, et j'ai fait monter l'eau sans pompe
- J'ai fermé un circuit, trouvé quels objets laissent passer le courant et fabriqué mon interrupteur
- J'ai fabriqué de l'électricité avec du vent, et j'ai compris qu'un moteur tourné à l'envers devient un générateur
- J'ai monté une expérience avec plusieurs gobelets pour savoir de quoi une graine a vraiment besoin, et j'ai mesuré l'effet de serre
- Je sais reconnaître un acide et une base avec du jus de chou rouge, et j'ai fabriqué un détecteur qui change de couleur
- J'ai testé, mesuré et homologué chaque module de la base, puis je l'ai présenté à ma famille en expliquant comment il marche
Mercredi après mercredi
En 7 mercredis, l'enfant a fait le chemin complet d'un ingénieur : comprendre un principe en le manipulant, fabriquer un prototype, l'améliorer, l'installer dans un ensemble qui doit fonctionner, puis le tester avec un critère chiffré et le présenter à quelqu'un. La base géante reste à Mathésciences comme mémoire du groupe ; l'enfant repart avec sa boîte de sept prototypes, son journal de bord rempli de mesures et son diplôme.