La Base Spatiale Autonome · Mercredi 3 sur 7 · Électricité

L'éclairage : allumer le dôme avec une pile, un fil et un interrupteur

Une pile plate comme une pièce de monnaie, une LED, et de la lumière dans la main. Mais si tu la retournes, plus rien.

2 h 30 d’activités5 temps8-12 ansgroupe de 12 à 15

L’idée que les enfants emportentL'électricité ne circule que dans un chemin fermé qui part d'une borne de la pile et revient à l'autre. Certains matériaux laissent passer ce courant, d'autres non — et un interrupteur, ce n'est rien d'autre qu'un morceau de chemin qu'on ouvre et qu'on ferme.

La base a un toit et de l'eau, mais à l'intérieur il fait noir. Aujourd'hui on apporte la lumière. On cherche d'abord pourquoi une ampoule s'allume ou pas, on teste dix objets pour savoir lesquels laissent passer le courant, chacun fabrique son interrupteur, puis sa lampe de cabine. À la fin, on branche toutes les LED du groupe sur le réseau de la base, on éteint la salle, et on allume.

Avant de commencer

À préparer la veille ou le matin même.

La préparation

Teste tout la veille, poste par poste : une LED grillée ou une pile morte au mauvais moment casse la séance. Prévois large en piles (les enfants laissent des circuits fermés sans s'en rendre compte). Prépare une pile bouton 3 V et une LED par enfant pour l'accroche, dans une coupelle par table. Découpe les cartons du réseau d'éclairage (une bande de 40 cm qui longera l'intérieur du dôme) et perce à l'avance les trous où viendront se ficher les LED, sinon le montage collectif prend le double du temps. Prépare aussi une rallonge d'obscurité : vérifie que tu peux vraiment faire le noir dans la salle — volets, rideaux — car le moment final en dépend.

Le matériel du jour

Les règles de sécurité

Le déroulé de la séance

5 temps · 2 h 30 d’activités sur les 3 heures.

L’accroche — tous ensemble

L'accroche — la lumière dans le creux de la main

~10 min
Une LED n’a pas d’interrupteur : elle s’allume dès que ses deux pattes touchent les deux faces de la pile — et seulement dans ce sens-là.
Sur la table
  • 1 pile bouton 3 V par enfant
  • 1 LED par enfant
  1. Chacun reçoit une pile bouton et une LED. Consigne unique : « faites de la lumière, débrouillez-vous. » On ne montre rien.

  2. Ceux qui trouvent (glisser les deux pattes de part et d'autre de la pile et pincer) montrent aux autres. En 2 minutes, tout le monde a de la lumière.

  3. Consigne suivante : « maintenant, retournez la pile. » La LED s'éteint. On retourne encore : elle se rallume.

  4. Question ouverte : « pourquoi elle ne marche que dans un sens ? » On accepte toutes les hypothèses sans trancher tout de suite.

  5. Réponse courte : une LED est une porte à sens unique, le courant ne la traverse que dans un sens. On annonce la séance : « aujourd'hui, on éclaire la base. »

  6. On ramasse les piles boutons en les comptant à voix haute, devant tout le monde.

Ce qui se passe

Pour allumer, il faut que le courant fasse un aller-retour complet : il part d'un côté de la pile, traverse la LED et revient de l'autre côté. Une LED ne fonctionne que dans un sens.

À expliquer aux enfants — on prend le temps
  • Résiste à l'envie de montrer le geste. Les 90 secondes où ils tâtonnent valent plus que ta démonstration, et celui qui trouve devient professeur pour sa table.
  • Le mot à poser ici, une seule fois mais clairement : « circuit », c'est un chemin qui fait le tour complet et qui revient à son point de départ. Tout le reste de la séance s'y accroche.
Sécurité

Piles boutons distribuées et ramassées une par une, comptées à voix haute. Rien à la bouche.

Temps 1 — On enquête

Le chemin fermé, le tri conducteurs-isolants et l'interrupteur maison

~45 min

~45 min · 3 ateliers tournants de 15 min · groupes de 4 ou 5

Le courant ne circule que si le chemin revient à la pile. Une seule coupure quelque part sur la boucle, et la lampe reste éteinte.
Un interrupteur n’a rien de magique : c’est un morceau de métal qui vient refermer le chemin. Un trombone sur deux punaises suffit.
Sur la table
  • Atelier A : 2 postes pile plate + ampoule + 2 fils à pinces
  • Atelier B : 1 poste de test (pile + ampoule + 3 fils, avec deux pinces libres) et le bac de 10 objets, la fiche de tri
  • Atelier C : par enfant, 1 carré de carton, 2 attaches parisiennes, 1 trombone, 2 fils
  1. Qui fait quoi : l'animateur s'installe à l'atelier C (celui où l'on fabrique et où l'on bloque), et passe toutes les 5 minutes vérifier les branchements des ateliers A et B.

  2. ATELIER A — allumer, éteindre, comprendre (15 min). Consigne : allumer l'ampoule avec la pile et deux fils. Puis débrancher UN seul fil : ça s'éteint. Rebrancher : ça se rallume.

    • On dessine le circuit qui marche sur le carnet, avec une flèche qui fait le tour complet. Puis on dessine un circuit qui ne marche pas et on entoure l'endroit où le chemin est coupé.
    • Défi : allumer deux ampoules avec une seule pile. Les deux façons apparaissent toujours dans le groupe — l'une après l'autre (elles éclairent faiblement), ou chacune sur son propre chemin (elles éclairent normalement). On garde l'observation pour la rallonge.
  3. ATELIER B — qui laisse passer le courant ? (15 min). Un circuit avec un trou : deux pinces libres entre lesquelles on place l'objet à tester. Si l'ampoule s'allume, l'objet est conducteur.

    • On teste les 10 objets et on remplit la fiche à deux colonnes. Les surprises attendues : la mine de crayon conduit, le papier aluminium conduit, l'eau du robinet un peu, la gomme non.
    • Question de tri : qu'ont en commun tous les objets de la colonne « conduit » ? Presque tous sont en métal — c'est la règle qu'ils formulent eux-mêmes.
  4. ATELIER C — mon interrupteur (15 min). Deux attaches parisiennes plantées dans un carré de carton, un trombone qui pivote de l'une à l'autre : quand il touche les deux, le chemin est fermé.

    • Chacun branche son interrupteur dans un circuit avec une ampoule et le fait fonctionner devant les autres : clic, allumé ; clic, éteint.
    • On garde son interrupteur : c'est lui qui commandera sa lampe de cabine juste après le goûter.
  5. Regroupement (5 min) : trois phrases sur l'affiche — le chemin doit être fermé, les métaux laissent passer, un interrupteur ouvre et ferme le chemin.

Ce qui se passe

Le courant a besoin d'un chemin fermé et de matériaux qui le laissent passer, presque toujours des métaux. Un interrupteur n'ajoute rien au circuit : il se contente de couper ou de rétablir le chemin.

À expliquer aux enfants — on prend le temps
  • Le mot « circuit » se comprend par le geste : fais-leur montrer le trajet avec le doigt, de la borne + jusqu'à la borne −, sur leur propre montage. Celui qui peut le tracer du doigt a compris.
  • Sur les conducteurs, n'annonce pas « les métaux conduisent » avant qu'ils aient testé. Laisse-les découvrir la mine de crayon, qui n'est pas un métal et qui conduit quand même : c'est l'exception qui les marque le plus.
Sécurité

Jamais un fil seul entre les deux bornes d'une pile. Si une pile chauffe, on débranche et on appelle l'adulte.

Temps 2 — On fabrique

Ma lampe de cabine, puis l'éclairage de la base géante

~55 min

~55 min · après le goûter · sa lampe de cabine, puis le réseau de la base

La lampe de cabine réunit les trois pièces sur une seule boucle : la pile fournit, l’interrupteur ouvre ou ferme, la LED éclaire.
Sur la table
  • Par enfant : 1 LED pré-câblée 5 V, son interrupteur de l'atelier C, 1 support en carton, ruban adhésif, feutres
  • 1 coupleur de piles 3 × AA pour 3 enfants
  • Pour la base : la bande de carton pré-percée, 8 LED pré-câblées, 2 coupleurs, l'interrupteur maître, fil souple, ruban toilé
  1. PHASE 1 — ma lampe de cabine (25 min). Sur un support en carton, chacun monte : coupleur de piles → interrupteur → LED, et referme le circuit. Dès que ça s'allume, on décore le support (hublot, numéro de cabine, prénom).

    • Si ça ne s'allume pas, on cherche dans l'ordre appris : les piles sont-elles dans le bon sens, le chemin est-il fermé partout, la LED est-elle dans le bon sens ? Trois questions, trois vérifications — on ne démonte pas tout.
    • Chaque lampe finie passe le test des 30 secondes allumée sans surchauffe, puis rejoint la boîte d'atelier.
  2. PHASE 2 — le réseau de la base (30 min). On branche 8 LED sur la bande de carton pré-percée, en parallèle : chaque LED a son propre chemin vers le coupleur, comme dans une vraie maison.

    • Deux enfants tiennent la bande à l'intérieur du dôme, deux autres passent les fils, deux autres fixent au ruban toilé. Le reste du groupe prépare l'interrupteur maître et le tableau de bord de la base (un carré de carton avec l'interrupteur, une étiquette ÉCLAIRAGE et une flèche marche/arrêt).
    • On branche l'interrupteur maître en dernier. Personne ne l'actionne : on attend le contrôle.
Ce qui se passe

Dans une installation avec plusieurs lampes, on donne à chacune son propre chemin (montage en parallèle) : ainsi elles éclairent toutes normalement, et si l'une lâche, les autres continuent.

À expliquer aux enfants — on prend le temps
  • Le mot « en parallèle » n'a pas besoin d'être savant : montre avec les doigts que chaque LED a sa propre route vers la pile, et compare avec la file indienne où tout le monde dépend de celui de devant.
  • Quand une lampe d'enfant ne marche pas, ne prends pas le tournevis : pose les trois questions de vérification et laisse-le répondre. Un enfant qui a réparé lui-même sa lampe s'en souvient toute la saison.
Sécurité

Toujours sur piles. On ne laisse pas un circuit fermé sans surveillance en fin de séance : on retire une pile de chaque coupleur avant de ranger.

Temps 3 — On installe et on homologue

Le test de la nuit : le troisième contrôle

~20 min

~20 min · tout le groupe, lumières éteintes

Sur la table
  • La base avec son réseau
  • L'interrupteur maître
  • Les lampes de cabine de chacun
  • La fiche d'homologation
  1. Tout le monde s'assoit autour de la base, prévenu qu'on va faire le noir. On ferme volets et rideaux, on éteint la salle.

  2. CONTRÔLE N°3 : un enfant tiré au sort actionne l'interrupteur maître. Le dôme s'allume. On compte à voix haute combien de LED sont allumées sur les 8 et on l'écrit sur la fiche.

    • Deuxième mesure : on éteint et on rallume trois fois de suite pour vérifier que le contact tient. Un contact qui fonctionne une fois sur deux est un contrôle raté, on le note et on le reprend la semaine suivante.
    • Chacun allume ensuite sa propre lampe de cabine : douze petites lumières autour de la base dans le noir. C'est la photo de la saison, prends-la.
  3. Journal de bord (5 min) : dessiner son circuit avec la pile, l'interrupteur et la LED, tracer la flèche du chemin, et coller la fiche de tri des objets conducteurs.

  4. Annonce de la semaine prochaine : « toute cette lumière marche avec des piles. Et quand les piles seront vides, dans l'espace, qui vient en apporter ? Personne. Mercredi prochain, la base fabrique sa propre électricité. »

Ce qui se passe

Une installation électrique se juge sur sa fiabilité, pas sur un coup de chance : un bon contact fonctionne à chaque fois qu'on l'actionne.

Sécurité

Le noir est annoncé à l'avance, les enfants sont assis, on ne se déplace pas pendant l'extinction.

Aller plus loin

En file indienne ou chacun sa route : le duel des deux montages

~20 min

~20 min · en réserve, si le groupe va vite

En file indienne, les deux LED partagent une seule route : si l’une lâche, tout s’éteint. Chacune sa route, l’autre continue d’éclairer.
Sur la table
  • 2 postes avec pile plate, 2 ampoules identiques et 4 fils
  • Le carnet
  1. Montage 1, en file indienne : les deux ampoules l'une derrière l'autre sur le même chemin. On observe l'éclat — elles sont plus faibles.

  2. Montage 2, chacune sa route : deux chemins séparés depuis la pile. Elles éclairent normalement.

  3. Le test qui tranche : on dévisse une ampoule dans chaque montage. En file indienne, tout s'éteint ; sur des routes séparées, l'autre continue.

  4. Question finale : « laquelle des deux installations choisiriez-vous pour la base, et pourquoi ? » On écrit la réponse et l'argument dans le carnet.

  5. Défi pour les plus grands : dessiner l'installation d'une pièce de la base avec deux lampes commandées par deux interrupteurs différents.

Ce qui se passe

En série, les lampes se partagent le courant et dépendent les unes des autres. En parallèle, chacune a sa route : elles brillent normalement et restent indépendantes. C'est pour ça que les maisons sont câblées en parallèle.

Sécurité

Toujours sur piles ; on dévisse les ampoules à froid.

Dans le cahier

Dessiner son circuit complet (pile, interrupteur, LED) avec la flèche qui fait le tour, coller la fiche de tri conducteurs / isolants, et noter combien de LED de la base se sont allumées sur 8.

À refaire à la maison

Chercher dans la maison combien d'interrupteurs commandent une seule lampe, et repérer un objet qui utilise des piles boutons comme celle de l'accroche.

‹ Mercredi 2 Mercredi 4 ›